dimanche 31 mars 2019

Pourquoi ce blog



          J’obtiens ma licence en sciences psychologiques et pédagogiques (ULB) en 1976. 
J’ai beaucoup apprécié mes études à l’université. À l’époque, elles alliaient méthode scientifique, approche critique et dynamique de groupe. Mai ‘68 n’était pas loin.

    Très rapidement je trouve un emploi de psychologue à l’institut Sainte Gertrude qui accueille en hébergement des enfants dits « caractériels ». Dans les années septante, les institutions jouissent encore d’une grande liberté pour innover et créer de nouveaux projets pour s’ajuster aux besoins de leurs bénéficiaires et à l’air du temps. L’institut Sainte Gertrude avait un caractère religieux et matriarcal. Nous jouissions d’une grande liberté de travail dans un esprit communautaire animé par des personnalités originales et généreuses. Je m’y suis plu d’emblée tout en ayant des difficultés à définir ma place de psychologue.

    J’aspire rapidement à de nouvelles formations et recherche aussi une aide plus personnelle.
Pendant quelques années je participe à des groupes d’analyse transactionnelles dont je tire bénéfice mais me laissent insatisfait dans ma quête de sens et mon travail en institution.

    Je m’oriente vers la psychanalyse: cure personnelle et cours à l’école de la cause freudienne de Bruxelles. Ce fut une étape vraiment importante dont les effets d’après coup se poursuivent encore aujourd’hui. Les concepts de « sujet et Autre barrés » prennent chair dans mon expérience de vie et m’aident à m’orienter par une éthique de vie et de travail. Je deviens psychothérapeute d’orientation psychanalytique en 1995. 

     Les « mathèmes » lacaniens m’intéressent mais j’ai besoin de chaleur et pars à la recherche d’ une approche psychanalytique qui intègre davantage ce que je ressens être un besoin profond tant chez moi que chez les bénéficiaires et patients dont je m’occupe: le juste contact qui autorise à être soi. Psycorps (ASBL) allie approche analytique et techniques corporelles pour contacter le vécu.
Des formations impliquantes, les conférences que je donne, deux bons superviseurs renforcent la confiance en moi pour développer une approche qui m’est personnelle en psychothérapie et dans mon travail institutionnel.

    Je participe quelques années à l’aventure de Sésame (ASBL)  lié à l’ UCL dans un groupe qui réunit des psys, des soignants en hôpitaux et des religieux.

   Je découvre plus tardivement  la proximité de ma démarche avec celle des psychothérapeutes existentiels dans l’œuvre de Viktor Frankl tout en restant orienté par la psychanalyse et la spiritualité chrétienne.

   Que de rencontres le plus souvent heureuses et amicales tout au long de ce cheminement!
Que de ruptures douloureuses et parfois nécessaires!
Surtout, que de recherches, de questionnement et de doutes pour dégager ce noyau vivant, insaisissable, vers lequel il me faut sans cesse faire retour pour inventer un chemin et aider à desserrer les noeuds qui nous aliènent.

Alors pourquoi ce blog?

    Je ne conçois pas la pension (depuis 2016) uniquement comme un temps de repos « bien mérité » agrémenté de loisirs épanouissants. J’accorde une priorité absolue à ma vie de famille en tant que mari, père et grand-père de quatre merveilleux petits enfants mais je reste un citoyen et un « psy » engagé dans les enjeux de notre société en crise. 
   Je poursuis mon travail de psychothérapeute, de superviseur et mes engagements bénévoles au Petit Cèdre (lieu de rencontre enfants-parents inspiré de la Maison Verte), à Résame (réseau de santé mentale à Enghien) et dans un groupe de diaconie (services) paroissiale. Je continue donc à mobiliser ma paresse et mes peurs par l’enjeu éthique qui me met en responsabilité.

    L’écriture m’est indispensable pour doubler la pratique et le vécu. L’ institution dans laquelle j’ai travaillé et le groupement des IMP 140 ont soutenu ce travail d’écriture. Pendant une quinzaine d’années, j’ai coordonné, avec  les amis d’un comité de lecture, la revue des IMP 140 qui a publié de nombreux articles d’intervenants de terrain. Avant mon départ à la pension, j’ai écrit et publié un livre dans lequel j’ai rassemblé mon expérience de travail en institution: « Un avenir pour les pratiques de soin en institution » ( édition du champ-social)
  
    Lorsqu’elle s’inscrit dans une démarche sincère, l’écriture révèle à la fois la fêlure de son auteur et la lumière qu’elle laisse passer. Nous sommes de plus en plus formaté par nos outils informatiques.
Notre vie est de plus en plus conditionnée par l’intelligence artificielle et ses algorithmes.
C’est par notre grain de folie (et l’effort que demande ce blog en est sans doute un) que nous sauvegardons un espace de liberté en assumant notre responsabilité d’être humain dans nos rencontres.

    J’ose espérer que les témoignages et réflexions proposés dans ce blog encourageront le lecteur à oser « trouver-créer » (selon la belle expression du psychanalyste René Roussillon) ses propres repères et à l’encourager à inventer son  chemin comme je continue à le faire.


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