vendredi 28 novembre 2025

 Tout-puissant et bon seigneur que ton esprit vienne au secours de mon peu de Foi

  Que le soin infini que tu prends de nous encourage et éclaire notre discernement                                                   






                                          Bible et homosexualité


      Les partages autour de la Parole ou les échanges entre visiteurs ouvrent des questionnements que je poursuis. Cela m’aide à cheminer sur mon chemin de conversion (personnel et comme thérapeute)

La question du rapport entre bible et homosexualité a été abordée brièvement lors d’un partage de la Parole. J’ai eu envie d’en savoir plus à ce sujet.

Après recherches sur internet ( Wikipédia « Homosexualité dans le christianisme »), je m’aperçois que ce rapport est complexe et a fait l’objets de nombreux commentaires en sens divers (dans l’ancien et le nouveau testament). Il est interessant d’aller lire ( ou relire) tout ceci. Je suis ressorti de cette lecture avec le tournis et de la confusion. 

J’ai donc essayé de discerner ma position personnelle pour la partager en Eglise synodale ouverte au discernement personnel. Une Eglise synodale est, selon moi, une Eglise vivante dans laquelle la parole circule et est enrichie par la diversité des points de vue dans l’unité eucharistique.

       Je crois qu’en matière de sexualité ce qui est « péché » ( c’est à dire offense au Seigneur, refus de faire librement alliance avec son offre d’Amour) c’est la perversion. Celle-ci consiste à sacraliser un objet du monde et à l’instrumentaliser pour produire une jouissance qui ne trouve pas son accomplissement dans le don mais dans une volonté de puissance  ( idolâtrie, fétichisation, relation domination/soumission, emprise, sado-masochisme, pédophilie…). Un brin de perversité peut alimenter l’Eros, le pimenter. Le péché n’est pas là, il est dans le fait de réduire la sexualité à une perversion et ainsi de dégrader la beauté mystérieuse de la rencontre sexuée par la production d’une jouissance idolâtrée ( inscrite dans un scénario pervers par exemple)

La perversité peut constituer une composante plus ou moins importante de notre sexualité. Cela peut se retrouver aussi bien dans une relation homosexuelle qu’hétérosexuelle. 


Notre sexualité a pour vocation profonde de s’allier à l’amour qui reconnaît  l’autre comme un partenaire, un « vis-à-vis » et en prend soin. L’éros cherche intrinsèquement ( avec l’aide de l’Esprit) à se conjuguer avec le don de soi et donc aussi avec notre spiritualité. 

La sexualité est l’une de nos forces de vie, conjuguée à l’amour elle aspire à l’unité Corps-Âme et Esprit dans notre relation au Seigneur. Elle s’exprime par le désir et se consomme dans une relation sexuelle qui implique considération mutuelle des partenaires qui se donnent intimement. Cela implique confiance et fidélité à la parole donnée, échangée. Je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas possible dans une relation homosexuelle. L’orientation sexuelle n’est pas un choix subjectif c’est une donnée avec laquelle on doit composer et cela peut aboutir au choix de couple homosexuel.

La relation sexuelle s’accomplit pleinement lorsqu’elle est bénie et consacrée par le Seigneur et engendre de la vie. Mais sa base fondamentale est de se joindre à l’Amour pour lui donner corps. Elle peut donc aussi avoir une valeur en dehors du mariage et de la procréation et entre personnes de même sexe.

La vie consacrée et l’abstinence choisie favorisent la sublimation de la sexualité.  Cela nécessite  un difficile et noble combat car la force sexuelle continue d’insister sous sa forme naturelle issue de notre chair. Devant la difficulté de ce combat et malgré l’aide de l’Esprit, certains mettent en place l’imposture douloureuse d’un clivage de  leur  personnalité entre un secteur pervers caché et un secteur pseudo adapté…

Il existe, je crois, une autre forme de péché que la perversion, c’est celle du refus culpabilisé de sa sexualité, en la considérant comme mauvaise en soi ou par honte d’une orientation sexuelle refoulée ou de ses accointances avec la perversité. Se couper de cette force est une violence faite à la chair. Le refus ( ce n’est pas une abstinence choisie) de mieux connaître sa sexualité peut rigidifier les points de vue vis à vis de l’homosexualité. 



 Que nous en dit le catéchisme romain? Il propose des repères assez mesurés mais qui peuvent être discutés


-« Les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés ». Non, si « désordonné »  désigne le « péché », ils ne sont pas « intrinsèquement » désordonnés s’ils se conjuguent avec un amour véritable et ne se limitent pas à une perversion. Oui ils sont en écart par rapport à des normes et en ce sens provoquent un « désordre » qui provoque des rigidifications défensives mais aussi une possibilité de modifier les représentations à la lumière d’un discernement qui se centre sur les valeurs d’amour, de respect, de consentement, de tolérance à la diversité comme facteur positif d’évolution.


-« …Ils sont contraires à la Loi Naturelle ». La Loi Naturelle en matière de sexualité ne peut être  réduite à sa fonction procréatrice . La sexualité est une belle force qui procure un bien-être, un équilibre. Elle contribue à nous « créer » en tant que personne intégrée (Corps-Ame-Esprit). En ce sens elle est toujours pro-créative dans son alliance à l’amour-Amour.


-« …Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable »: mettre trop l’accent sur la « complémentarité » laisse supposer que les rôles complémentaires entre hommes et femmes sont naturellement définis. Il n’en est rien, ces rôles sont culturellement définis et toujours en évolution avec la société dans laquelle on vit. Notre appartenance sexuelle inscrit une différenciation dans nos corps. Cette différenciation, voulue par Notre seigneur, est riche, elle dynamise le désir. Elle permet un « vis à vis » sans confusion ni séparation radicale entre homme et femme. La relation homosexuelle appauvrit bien sûr cette différentiation dans la relation mais ne la supprime pas. « Je » sera toujours différent du « Tu » dans la relation amoureuse (non narcissique). Je et Tu du même sexe, sont tous deux marqués du mystère de leur irréductible altérité personnelle. Le choix amoureux du couple homosexuel implique d’assumer ce défaut d’altérité corporelle non pas comme un péché mais comme une différence problématique (un ?et des …) que l’on remet en confiance dans les mains miséricordieuses du Seigneur.


Prions pour une Eglise ouverte et vivante. Faisons des signes d’accueil à tous ceux dont nous trouvons la conduite « désordonnée » ils peuvent élargir nos horizons.


                                                     Luc Laurent ( novembre ‘25)




 


 La fable du grand inquisiteur constitue un chapitre important des « frères Karamazov » de F. Dostoïeveski. Ce « grand inquisiteur » peut nous aider à comprendre pourquoi nous pouvons trouver notre « bonheur » dans des relations de soumission/domination aliénantes pour notre liberté.

L’action se situe en Espagne au 16 ième siècle. Jésus revient sur terre pour voir comment se comporte l’humanité. Le grand inquisiteur membre éminent de l’Eglise le fait arrêter et le condamne à mort. Son message de liberté et d’amour risque de perturber l’ordre social bien établi, régulé par les autodafés. Son message est encombrant.

Selon l’inquisiteur l’être humain est incapable de supporter le poids de cette liberté qui lui a été offerte. Elle le conduit au malheur. Les autorités s’arrangent donc, pour son « bonheur », de le manipuler par la force du « mystère » du « miracle » et du « pouvoir »

(Je serais tenté de rapprocher le « mystère » de l’opacité toute-puissante des décisions de certains dirigeants; le « miracle », des mensonges à vocation pseudo performative; le  « pouvoir », de l’idolâtrie charismatique entretenue par certains dirigeants).

Cette fable révèle sans doute une vérité profonde que beaucoup partagent. Oui notre liberté essentielle ( pas celle de choisir tel ou tel produit, telle ou telle modalité de plaisir ou de distraction, ni celle qui consiste à affirmer sa toute-puissance…) n’est pas facile à assumer. Elle est vertigineuse, dépasse souvent nos forces et  s’accompagne d’angoisse. Pour le croyant elle convoque l’alternative  entre le non et le oui, entre le néant et un sens mystérieux, incertain et transcendant, impliquant une perte d’autonomie du « moi » à réorienter vers le bien commun et une confiance dans une Altérité interne. 

Chacun ne crée-t-il pas ( n’invente-t-il pas?) ses propres aménagements en assumant plus ou moins les implications de cette liberté essentielle et accordée. Ne jugeons pas ces aménagements mais restons conscients que cette difficile (impossible?) liberté est au cœur de notre dignité humaine et de notre projet d’accomplissement (jamais abouti).

La fable se termine par un baiser de Jésus sur les lèvres « exsangues et vieillies » de l’inquisiteur. Ce dernier ressent une chaleur dans son cœur mais maintient son point de vue. Les êtres humains sont plus heureux dans l’aliénation qu’en assumant leur liberté et il faut des dirigeants habiles pour les en distraire. Le Christ n’est toutefois pas mis à mort, libéré, il s’en va dans les rues sombres de la ville….le suivre dans son utopie ou celle qu’Albert Camus développe dans « la pensée de midi » (L’homme révolté)?

Fable puissante, bien actuelle qui donne à réfléchir.

Réfléchissant encore au texte de madame Tulkens et suite à la lecture d’un article du monde diplomatique ( Pour en finir avec le chantage à la dette- F. Lordon octobre 2025), je me dis que l’articulation structurelle et dynamique ( démocratie, état de droit, droit de l’homme/dignité) cache un quatrième terme dont le pouvoir est déterminant. C’est celui du marché et donc des investisseurs qui fixent notamment le taux de la dette des états. Peut-être est-ce le grand inquisiteur de notre temps?

 Réflexions inspirées par le texte de Mark Hunyadi


Mon cheminement personnel m’a amené à retrouver la Foi de mon enfance sans renier mon attachement et ma gratitude vis à vis de la psychanalyse. 

     

   Pour le croyant, l’Esprit est ce qui alimente un espace intermédiaire d’inspiration, de discernement, d’orientation de vie…entre une personne et son créateur, inconnaissable en soi, mais révélé dans une tradition religieuse. L’Esprit n’est donc pas une propriété individuelle mais est accordé comme un don gratuit qui fait lien entre le plus intime-singulier de l’être humain et l’Instance transcendante à « l’image » de laquelle il est créé. 


   Le souci du croyant est de rester ouvert à sa présence, à son appel inspirant. Sa crainte est de manquer de discernement et se laisser séduire par le mensonge qui pervertit. Le croyant a une conscience aiguë de la puissance de séduction du Mal. C’est le retour vers le « coeur profond » (l’intime) qui permet de discerner ce qui est attendu de notre personne pour qu’elle se réalise pleinement dans une intégration « Corps-Âme-Esprit » en lien fraternel avec les autres. Il permet l’interaction vivante, inventive du corps de la psyché et de l’Esprit (différenciés mais rassemblés dans l’unité de la personne). 

Le coeur profond, « temple de l’Esprit » est aussi l’espace où nous pouvons reconnaître notre vulnérabilité, notre fragilité, nos divisions, confiant dans un Amour inconditionnel. . C’est aussi le lieu  de la solitude, de l’angoisse fondamentale et  du combat jamais gagné vis à vis de la tentation du « non » à l’Esprit et du « oui » à une Idole. 

C’est le vide, signe d’une incomplétude, à partir duquel quelque chose se manifeste  et appelle le sujet (Je) à se fonder de la relation et de la réponse qu’il apporte à ce TU transcendant. « Vide médian » selon l’expression de François Cheng…L’ Ouvert de R. M. Rilke…qui permet cette « puissance de contrefactualité » et de « transcendance vers ce qui n’est pas présent » de monsieur Hunyadi.


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    L’IA nous aide à mieux nous informer, nous organiser, à mieux soigner, à piloter les processus…Rêvons, elle pourrait faire tiers et inspirer des décisions politiques importantes en les sortant du court terme ou du caprice teinté de toute-puissance de certains dirigeants. Elle n’est pas incompatible avec la créativité humaine mais comporte aussi des risques tout comme les religions et les idéologies fermées sur elles-mêmes. Le risque de l’IA qui sollicite et finit par imposer sa médiation entre nous et le monde est de saturer ce vide qui invite au retour vers soi, au recueillement. L’incomplétude fonde notre inaliénable liberté mais est aussi le point faible par lequel l’emprise individuelle et collective est possible. Le recherche du contrôle sur une personne ou une collectivité  passe toujours par la confiscation de ce vide par emprise, effraction, séduction. L’IA cache de puissants intérêts financiers et donc de pouvoir. Je rejoins les craintes que monsieur Hunyadi a mises en évidence. Par son offre interactive efficace, pratique, libidinalement séduisante, l’IA dégage une force attractive et risque de nous enfermer dans le circuit du factuel cybernétique. Ce danger addictif est déjà fort présent aujourd’hui et se manifeste entre autres chez nos enfants, adolescents…Il devient un enjeu global prioritaire si le numérique augmenté s’impose en paradigme de notre relation au monde et devient le référent systémique pour « faire du commun » sous contrôle. Big (Data) Brother 2030?


Le combat pour l’esprit n’est pas nouveau, je crois qu’il a toujours existé. La tentation du circuit fermé et de l’idolâtrie est vieille comme l’humanité et existe en chacun de nous. Ce combat se renouvelle aujourd’hui face aux risques d’une emprise généralisée qu’il ne faut pas minimiser sans verser dans le complotisme.

La proposition de monsieur Hunyadi nous fait réfléchir. L’esprit comme un bien commun de l’humanité à sauvegarder par convention…


 Prenons soin de cet espace Ouvert, personnel, intime et solitaire.

 Pour le croyant c’est le « lieu » où l’Esprit le rencontre, le rejoint, l’appelle, le transforme et crée du commun à partir du singulier. Les religions, les spiritualités (avec discernement et espace de liberté) font partie selon moi de la réponse à la question « comment refaire du commun? ». Ne déconnectons pas la spiritualité de ce qui nous fait humain. Elle n’est pas un accessoire périphérique qui participe au « bien être » de l’individu. Elle est au centre du processus intégratif de la personne et de la conscience d’un bien commun.

La philosophie, la libre-pensée, la psychanalyse…défendent aussi, selon leurs paradigmes et ressources respectifs, cet espace. 

Le travail de psychothérapie et de psychanalyste nous apprend que le sujet humain tient plus que tout au monde à cet espace singulier où il exerce en liberté le « oui » ou le « non » à l’esprit ( comme source d’incomplétude consentie, inspirante, inventive). 

Il y a là une force immense de résistance à ce qui ment, sature, uniformise…

Au-delà des barrières qui séparent nos options de base et nos sensibilités restons conscients d’un enjeu commun.

                                                                                        Luc Laurent 




 Prendre soin et se sentir responsable en Eglise

             

   L’église occidentale manque de prêtres. Ceux-ci sont débordés par les tâches à accomplir. Elles sont à la fois organisationnelles, sacerdotales et pastorales dans une société individualiste et matérialiste mais où la quête spirituelle reste très présente. Pas facile d’être prêtre dans notre monde actuel. On leur reproche de ne pas en faire assez ou d’en faire trop.


  Notre Eglise (comme notre société) est en crise et en évolution. 

L’Eglise devient plus synodale, moins strictement hiérarchisée. De très belles choses sont en train de se réaliser. Le journal Dimanche et la vie en Unité Pastorale en témoignent. De plus en plus de laïcs sont amenés (souvent bénévolement) à participer à la vie de l’Eglise. Certains s’engagent dans le diaconat.  Comme St François à San Damiano, ils entendent peut-être l’appel du Christ en croix qui les invite à « réparer son Eglise qui menace ruine ». J’exagère un peu bien sûr mais le manque de prêtres et leur fatigue ouvre un espace de participation plus active et plus profonde de la part de laïcs, hommes et femmes. C’est une occasion de renouvellement spirituel et organisationnel de l’Eglise. Une chance à saisir. Un Kairos, moment décisif à saisir de rencontre avec le Seigneur


    Je crois que les laïcs ont envie de s’engager dans la vie de l’Eglise mais qu’ils tiennent à conserver un espace de liberté pour discerner le cadre et les limites de cet engagement. Certains craignent d’être instrumentalisés et aliénés par une structure trop hiérarchisée ( et trop conservatrice).

Il est important que les laïcs se sentent autorisés à inventer (trouver) le cadre d’engagement dans lequel ils se sentent à l’aise. Ils doivent faire l’expérience de pouvoir poser leurs limites, de dire non et oui librement pour prendre soin d’eux-mêmes, se protéger. Ces expériences renforcent la confiance en soi et en l’institution. Prendre soin de soi, c’est d’abord rester a l’écoute de ses besoins profonds de sécurité. S’ils sont reconnus, il est plus facile d’accueillir ce que l’Esprit nous inspire en nous invitant à sortir de notre cadre, à déplacer nos limites au nom d’un bien commun dont les multiples visages nous invitent à la fraternité et à la rencontre.

C’est à partir de nos limites librement posées que nous pouvons nous laisser convoquer hors de notre cadre de sécurité pour nous associer à des enjeux éthiques et découvrir un espace où la Présence de Dieu nous justifie par un amour inconditionnel qui nous responsabilise, nous met en chemin.


   Essayons de mieux comprendre les mécanismes des craintes qui nous empêchent de répondre aux sollicitations de l’Esprit. De nombreux laïcs ont peur de s’engager en Eglise.

Celle-ci est communauté des croyants, Corps du Christ, témoin actif de la Bonne Nouvelle, mais elle a aussi abusé de son autorité légitime. Comme toute institution, elle cherche à pérenniser son pouvoir dans le monde.

L’Eglise a entretenu le sentiment de culpabilité et une relation de dépendance pour assurer son pouvoir (emprise?) sur les consciences. Tradition multi-séculaire infantilisante compliquant l’accès à une Foi adulte basée sur un libre consentement. Il y a les petits oui et non de la vie quotidiennes et ceux qui sont plus fondamentaux.

Le « Oui » a la relation que propose le Seigneur nous rend Vivants, désireux de partager une joie fraternelle. Le « Non » nous isole et nous rend vulnérable au mensonge, à la séduction du mal. Le « Oui » nous expose à l’inconnu. On s’y risque par la confiance en un Amour qui se révèle par et dans le Christ. Le « Non » renforce la fausse croyance en une auto-détermination dans la quête du bonheur. « L’individu » qui se sur-affirme par le « Non » au spirituel se croit autonome, il doit « gérer » sa trajectoire personnelle, il est responsable de tout. Cette croyance n’est elle pas l’une des causes du « burn out » dont on parle tant. Elle invite aussi l’individu angoissé par son propre néant à chercher des coupables (l’étranger, le mendiant qui fait tache…).

En entretenant des relations de dépendance basées sur la domination -soumission, l’Eglise n’a t elle pas  rendu opaque l’espace de liberté que Dieu nous accorde pour faire le choix de l’aimer en retour?

La vie spirituelle de nombreux chrétiens est imprégnée d’un sentiment de culpabilité continu semblable a celui des enfants qui ont peur de perdre l’amour de papa ou maman. Ils se méfient de l’Eglise en tant qu’institution.


Les prêtres, diacres et les laïcs sont maintenant plus que jamais liés par une même responsabilité.

Nous devons tous ensemble prendre soin de la Vérité que l’Eglise manifeste au monde. C’est celle de la révélation accomplie en Christ de l’amour fidèle du Père pour ses créatures. Jésus Christ, Verbe incarné, est mort sur la croix et ressuscité pour nous rendre à notre liberté, voulue par Dieu, de l’aimer en retour à travers nos frères. Le Christ libère notre capacité d’aimer des entraves du sentiment de culpabilité et de nos protections égotistes.

Il nous met debout, adultes dans la Foi.


L’engagement des laïcs et le défi lié à la diminution du nombre des prêtres doivent êtres éclairés par cette responsabilité partagée.

Se sentir autorisé à inventer le cadre de son engagement et à mettre ses limites personnelles permet de faire l’expérience, en Eglise, de cette liberté que Dieu nous accorde pour nous sentir appelés et mobilisés par son Amour.

L’obéissance est nécessaire mais elle doit être débarrassée du sentiment infantil de culpabilité.

Prendre soin de soi, des autres et de l’Eglise ne sont pas incompatibles si l’Esprit les rassemble.


                                                                      Luc Laurent